Centre d'analyse MCD
Chaire MCD

Maxime Ouellet - Projet de recherche

Démocratie actionnariale et «socialisme» des fonds de pension : Ancrages culturels et imaginaires sociaux

Mes intérêts de recherche se situent à la rencontre de l’économie politique internationale, de la théorie politique critique et de la sociologie politique. Mes recherches s’inscrivent plus spécifiquement dans le courant de l’économie politique culturelle, une approche qui analyse le rôle constitutif de la culture dans la structuration des rapports économiques et politiques globaux et nationaux. Dans le cadre de mes recherches postdoctorales, j’analyse les stratégies de légitimation du régime d’accumulation financiarisé dans le contexte de la crise économique mondiale actuelle. Sur le plan théorique, ma recherche vise à approfondir l’apport de l’économie culturelle dans le champ de l’économie politique internationale. Il s’agit principalement d’analyser les facteurs culturels de la crise, et leurs interrelations avec les facteurs macro-sociologiques, en mobilisant les écrits d’auteurs comme Marx, Weber, Polanyi, Bourdieu et Foucault. Ce cadre théorique permet d’envisager les transformations historiques propres au capitalisme dans les termes d’un ensemble d’abstractions réelles où s’imbriquent des facteurs matériels et symboliques.

Sur le plan empirique, j’analyse en profondeur les ancrages culturels de l’imaginaire du régime d’accumulation financiarisé et de sa crise. Ma recherche vise à soutenir que la crise économique actuelle doit être comprise dans le contexte culturel des sociétés capitalistes avancées. D’autre part, j’examine la manière dont les divers acteurs sociaux contestent ou renforcent le régime global d’accumulation financiarisé. Je considère la position des acteurs du secteur financier (banques, institutions financières internationales), mais également celle des forces politiques (partis, mouvements sociaux, syndicats) et des médias (presse financière spécialisée, grands journaux, presse alternative). De plus, j’analyse les formes de subjectivités politiques qui surgissent des contestations face à la crise afin de voir si elles restent fidèles à la conception néolibérale du sujet compris comme un entrepreneur de lui-même, et/ou si de nouvelles formes de subjectivités politiques remettent en question la légitimité des structures de pouvoir de l’ordre mondial. Il s’agit de voir si de nouveaux discours et pratiques surgiront de cette crise afin de re-politiser l’économie et contrer la tendance à la dé-politisation et à la dé-démocratisation des sociétés capitalistes avancées.

UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : 14 octobre 2010